Vêtements de créateurs à louer

par Marie-Adèle Copin

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31 MARS 2018

La Garde-Robe est un showroom qui vient d'ouvrir à Genève. On y va pour louer à petits prix des pièces de grandes marques. Marie-Adèle est allée y faire un repérage en vue d'un mariage.

C’est le genre de bons plans qu’on n’a pas envie de partager, qu’on veut garder rien que pour soi. Bon là, clairement, c’est foutu puisque je suis en train de t’en parler. La Garde-Robe est un showroom de vêtements de luxe situé aux dans le quartier genevois des Eaux-Vives. Il a ouvert il y a une semaine. Mais ici, on n’achète pas une robe Elie Saab ou Ralph Lauren à plusieurs milliers de francs. Non, on la loue sans avoir besoin de vendre un de ses reins.

C’est le pari de Nadia et de Louis, un couple de trentenaires. Passionnés de mode, ils ont une idée bien précise de la manière dont il convient de consommer: pour eux, l'avenir, c’est la location de fringues.

Jeudi, rendez-vous dans l’immeuble où Nadia et Louis habitent. Une partie de leur appartement est occupée au showroom. C'est la jeune femme qui me reçoit. Ici, on vient pour vivre une expérience différente que celle des boutiques de luxe. Givenchy, Balmain, Elie Saab, Marc Jacobs, une cinquantaine de pièces pointues, sont joliment présentées. Perso, je n’ai jamais mis les pieds dans une boutique Lanvin. D’abord parce que j’ai peur que les vendeuses me prennent pour un imposteur, mais surtout parce que je suis un imposteur, car clairement, je n’ai pas les moyens d'y acheter un bouton. À la Garde-Robe, je sais que la plupart des robes sont à la portée de ma carte de crédit.

Concrètement, chaque pièce se loue sur quatre jours. Nadia les envoie par coursier et les récupère à l’adresse souhaitée (uniquement dans le canton de Genève). Le service coûte entre 70 et 700 francs par vêtement, mais le prix moyen est de 150 francs. J’ai repéré une robe longue en mousseline de soie d'un petit créateur, à 70 francs. Elle est idéale pour le mariage auquel je suis invitée cet été. Le pressing est compris dans le tarif et c’est Nadia qui s’en charge une fois de plus.

Et là, tu vas me dire: «Oui, mais si j’abîme la robe?». «Je comprends que ça puisse faire peur, m’explique l'entrepreneuse, mais toutes les taches partent, même si on renverse un grand verre de vin sur ta robe, ça se nettoie. Et s’il advenait que le vêtement soit vraiment irrécupérable, il y a une caution à peu près égal au prix de la location.» Bon et puis en y réfléchissant bien, t’est-il déjà arrivé de bousiller une robe au point de ne plus jamais pouvoir la remettre? Non, nous ne sommes pas des sauvages.

L’autre aspect intéressant de cet endroit, c’est qu'on aussi gagner un peu d'argent en proposant ses propres fringues pour qu’elles soient loués à leur tour. «S’ils correspondent à notre style, je les garde trois mois minimum et la personne prend 25% de commission à chaque location.» Dès que le site sera mis en place (d'ici à la fin du mois d'avril), il suffira d'envoyer des photos et de remplir un formulaire en ligne. Sur le site, on pourra également voir tous les modèles exposés dans le showroom et même les commander en ligne.

La Garde-Robe

Sur rendez-vous uniquement

crédit photo : Marie-Adèle Copin